Ministère de l'éducation et de la formation

Circonscription des écoles primaires

de Ras Jebel

Thème de la formation: L'album de jeunesse.

 

 

 

L'album de jeunesse

   

 

Commencer petit et voir grand

³  A travers cet exposé, on va tenter d’opérer une analyse sobre et simpliste de l’image de l’album aux plans iconique, plastique et symbolique.

³  Faire le point avec les rapports entre le texte et l’image (redondance, décalage, complémentarité, indépendance, illustration partielle, etc…)

 

 

L

’album offre aux enfants l’occasion d’être confrontés à des textes qui les frappent, les intéressent, leur font plaisir, des textes qui stimulent leur curiosité, nourrissent leur envie de savoir, leur imaginaire, bref, des textes passionnants étayés par les illustrations.

La lecture des albums offre à l’enfant la possibilité à se construire, à s’enrichir d’idées, de valeurs, à se forger une personnalité, à avoir des opinions et parallèlement à se constituer une culture littéraire. (Finalités de l’album)

   Les auteurs et les illustrateurs prennent les jeunes lecteurs au sérieux et leur présentent dans les albums des thèmes variés abordés avec tact et pudeur qui touchent les enfants : peur, angoisse, séparation, mort, les différences, l’autisme, l’émancipation, l’amour, le courage…

   Il faut cependant savoir doser et ne pas épuiser toutes les ressources d’un texte sous peines de détourner l’intérêt des enfants pour les albums, d’enlever toute saveur au livre.

  Tant que l’enfant n’a pas eu d’existence sociale propre et que la notion même d’enfance n’a pas été clairement définie (voir histoire de l’enfance), la littérature pour la jeunesse s’est longtemps résumée à des assimilations ou à des adaptations, orales ou écrites, de formes littéraires originellement destinées à un public adulte. La tradition orale des contes populaires, des légendes, des mythes, des comptines ou des poèmes a ainsi constitué le premier réservoir de textes littéraires susceptibles de toucher les jeunes.

 

   Avec l’avènement de l’imprimerie, au milieu du xve siècle, des ouvrages à vocation pédagogique destinés aux enfants commencent à paraître. Ainsi, le premier imprimeur an

glais, William Caxton, publie Book of Curtesye en 1477.

   L’origine de la littérature de jeunesse c’est le XVII ème  siècle, d’où l’exemple le plus manifeste et le plus célèbre de glissement d’un public adulte vers celui des jeunes est sans conteste le Robinson Crusoé (1719) de Daniel Defoe.

 

 

 

L'évolution des albums de jeunesse

 Les années 1930: considèrent l’enfant comme un simple apprenti.

     Les années 1960 : l’enfant épanoui et libéré.

     Les années 1990 : l’enfant artiste.

  Dans certains albums, même si le texte n’est pas très long il est complexe : très poétique, le texte fonctionne avec l’image, l’espace que l’image occupe est plus important que celui du texte, contrairement aux livres de bibliothèque. En outre, on constate une redondance entre le texte et l’image : ce que le texte dit est exprimé par l’image. Le temps employé : l’imparfait / le conditionnel.

   Dans l’album, on peut remarquer l’existence d’une image qui a un statut particulier et qui diffère des autres images. Dans l’image, il y a toujours un point fort sur lequel revient toujours l’œil de l’observateur : il faut savoir identifier ce point fort.

   Pour l’album, on choisira donc de travailler sur ce qui est le plus significatif : dialogue, poésie, formule magique, structure répétitive et notamment l’illustration.

Les albums à structures répétitives sont commodes pour les premiers apprentissages de la lecture : leur vocabulaire et leur structure sont facilement maîtrisables. Ils sont aussi des amorces d’écriture, ainsi par exemple : « j’ai rêvé que … / devient Nous avons rêvé que… »

   La lecture de l’image se fait à partir des éléments de formulation de l’image : la lecture se fait de deux manières :

1-     La lecture iconique : c’est le niveau 1 de la lecture et de l’interprétation de l’image, c’est la description iconique de l’image (lecture de l’image en tant qu’image)

2-     Lecture plastique et visuelle : la couleur / les formes (peinture , dessin, lignes) / la représentation de l’espace / la composition et le cadrage (penser à l’organisation des éléments de l’image) / la matière : techniques et outils utilisés.

La couleur : Dans certains albums, on peut remarquer l’abondance des couleurs primaires utilisées par l’illustrateur : rouge / jaune / bleu. L’utilisation des couleurs saturées dans quelques albums est significative (non transparence / opaque) : le silence / l’angoisse / la tristesse est symbolisée par les couleurs obscures et par le manque de mouvements.

   La dominance des couleurs chaudes dans certains cas : rouge / orangé / jaune s’effectue au détriment des couleurs froides/ pâles/claires : bleu / violet / vert.

   Dans d’autres cas, le recours aux couleurs rompues est privilégié : mélange entre les couleurs :

                         Vert : bleu + jaune                           gris : blanc + noir

                         Violet : bleu + rose                           rose : rouge + blanc

Orangé : rouge + jaune                   marron : rouge + noir

La matière :

ðLa tonalité pastel est une technique employé par les plasticiens : couleur connue + beaucoup de blanc : rose / bleu ciel / violet clair / crème / beige / gris clair

ðsépia n. f.  1 Matière colorante brunâtre sécrétée par la seiche pour se dérober à la vue de ses prédateurs. 2. Liquide colorant brun foncé. Encre : couleur connue + noire pour dénoter l’absence de lumière et de transparence et pour exprimer l’obscurité, la tristesse, l’opacité, l’ombre. Par ailleurs, la gouache très épaisse  est utilisée pour marquer la couleur terne qui manque de luminosité, d’éclats et de mouvements. (ternir : obscurcir).

 

ðlavis [lavi] n. m. Technique consistant à teinter un dessin avec de l’encre de Chine, ou une autre substance délayée dans de l’eau, matière fluide très légère pour exprimer l’effet de transparence.

ðLes formes : généralement simples, naïves, prédominance des courbes, dessin aspect très pratique.

ðLa représentation de l’espace : parfois, on peut remarquer la plongée et la contre plongée.

Plongée : dégradation des couleurs foncées de haut en bas.

      Contre plongée : dégradation des couleurs foncées de bas en haut avec espace frontal complètement rempli.


 

 

Les références plastiques de l'image

Dans certains albums, l’image conteste le texte (Flon Flon et musette Elzbieta), dans d’autres le domine (Yakouba), ou en dit plus long (une nuit et un chat).

   Dans certains albums, l’image permet de comprendre l’implicite du texte, dans d’aut

 

 

res, règne une certaine ambiguïté pour donner l’occasion au travail d’inférence.

   Le dessin frappe à la fois par sobriété et son expressivité : la signification d’une image repose finalement sur quelques traits peu nombreux mais essentiels : des yeux, de la bouche, des gestes effectués par les personnages… : La bouche vers le haut : exprime la satisfaction / vers le bas : la tristesse ou le désappointement. Cela permet d’entraîner les enfants à lire dans le dessin les sentiments des personnages et à les exprimer. En effet, l’image peut montrer le caractère d’un personnage ou ses états d’âmes avec ses ressources propres et sans le secours des mots.

   L’image fournit une structure narrative à l’album et cela facilite grandement la découverte de la matérialité du texte. La lecture est facilitée par l’illustration. L’omniprésence de l’humour dans les albums implique davantage les élèves à l’activité. Par ailleurs, les albums sont riches en effets de surprises et de suspenses. L’album facilite l’apprentissage de la lecture : il offre des indices sémantiques variés qui évitent à l’enfant de devoir s’appuyer uniquement sur la reconnaissance des mots et des lettres d’où

 l’importance du graphique, du visuel, de l’art, et du style imagé.

    L’enfant confronté à une telle manne littéraire et artistique devrait au fil des ans se constituer une anthologie intéressante, grandir harmonieusement et se construire des savoirs.

 

 

Pourquoi des albums en classe?

  Définition:

   L'album de jeunesse est un livre de littérature enfantine illustré. Ce sont des livres non scolaires, un outil extraordinaire d'enrichissement culturel, une forme de plaisir et de jouissance. Ils permettent de construire des relations de causalité et une analyse graphique des illustrations.

   Avec les albums de jeunesse, on peut avancer en compagnie des élèves d'une lecture en une lecture savante, apprécier les qualités humaines et apprendre à écouter l'opinion d'autrui.

Spécificités et bienfaits de l'album de jeunesse:

- Créer le plaisir de lire

-Développer l'imaginaire

-Développer l'esprit critique

-Enrichir les connaissances des enfants

-Conduire les apprentissages des élèves

-Renfermer une langue contemporaine

-Dosage des mots inconnus

-Conflits socio- cognitifs possibles (échange de point de vue)

-Eveiller la curiosité

-Richesse des types d'écrits

-Présence des thèmes mobilisateurs

-Profiter à bon escient de la lecture partagée de l'animateur pour offrir aux enfants la rencontre d'une langue seconde.

-S'approprier les critères de choix des albums.

 

Le choix des albums

   L'enseignant doit avoir recours aux "meilleures oeuvres accessibles à la jeunesse".

Les objectifs d'apprentissage

Le maître se fixera des critères en fonction de ses objectifs pédagogiques.

        -Le développement du plaisir de lire.

        - L'ouverture à l'imaginaire, la création.

        - La construction de l'esprit critique

        -L'enrichissement des connaissance et de la culture de l'élève

         - La connaissance de la langue

S'agissant de supports d'apprentissage d'une langue seconde, les deux derniers objectifs seraient prioritaires.

L'album de fiction:  

Il sera le support privilégié même si le documentaire a sa place dans les supports écrits d'apprentissage d'une langue.

La fiction ouvre les voies de l'imaginaire et favorise l'implication du sujet apprenant. La fonction du conte a été décrites maintes fois en particulier pour son pouvoir cathartique.

Dans les récits fictifs, nous retrouvons les grandes interrogations des enfants: l'origine, le futur, la vie, la mort, la famille, l'amitié, la place dans le groupe...

L'histoire permet à l'enfant de s'investir quand elle fait sens pour lui, quand il est impliqué culturellement et affectivement.

Les centres d'intérêt:

Les enseignants tiennent compte des intérêts des enfants, du projet de classe ou d'équipe. Ils tiennent aussi compte de leur propre intérêt afin de pouvoir transmettre leur plaisir de lire aux élèves qui, eux m^mes, doivent adhérer à ce choix.

 

Choix pédagogiques   

   Pédagogiquement, il faut faire varier le mode d'entrer à un album en vue d'explorer toutes les possibilités d'exploitations.

Voici quelques entrées possibles:

-Favoriser le texte puis exploiter les images; donc faire entendre la prosodie pour travailler l'école et l'imprégnation et en second lieu exploiter les images.

-Donner le titre, ne pas lire mais montrer les personnages pour susciter l'imagination des élèves ensuite leur demander de raconter l'histoire tout en leur feuilletant l'album.

-Lire la fin et continuer le conte  à l'inverse.

-Théâtraliser une histoire.

-Jouer le conteur.                      a

                                                 l

  -Exploiter un acrostiche:        b

                                       u

                                       m

Pratiquer la technique de "l'écriture effervescente"

 

 

Technique du"texte de référence"

Objectifs de la technique

-Rendre accessible aux enfants un texte complexe.

- Enrichir la connaissances de la langue.

Bâtir sa progression dans le domaine de la langue (comprendre, parler, écrire).

Mise en oeuvre de la technique en classe:

 

1 ère séance

Choisir un album.
Lecture de l'album (ou d'une partie) par l'enseignant.
Ecoute attentive.
Demander aux élèves de raconter oralement ce qu'ils ont retenu.

2 ème séance

Le maître écrit au TN

 

Activités à partir du texte de référence